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Qu’est-ce que le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC) ?

  Découvrez les symptômes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde et comment y remédier. 

Dernière mise à jour le 24 décembre, 2025 | Publié le 1 août, 2023

nauseous person with stomach ache

Pour certaines personnes, le cannabis peut soulager douleurs et nausées. Pour d’autres, le cannabis peut avoir l’effet opposé. En effet, douleurs abdominales, nausées et vomissements à répétition peuvent être des signes révélateurs du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC), un trouble connu pour toucher certains consommateurs quotidiens de cannabis sans crier gare. Les symptômes du SHC peuvent être mal interprétés. De ce fait, il est essentiel de s’informer et de consulter un professionnel de santé. Intéressons-nous au syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, à ses symptômes et aux solutions qui existent pour soulager ces mêmes symptômes.

Syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC) et consommation prolongée de cannabis

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde est un trouble pouvant toucher certaines personnes qui consomment régulièrement du cannabis à haute teneur en THC. Ses symptômes (principalement nausées, vomissements récurrents et douleurs abdominales) peuvent apparaître sporadiquement, et les éléments provoquant leur apparition sont peu connus.

Selon le Journal de l’Association Médicale Canadienne : « Les patients [atteints du SHC] sont souvent diagnostiqués à tort comme souffrant d’un syndrome de vomissement cyclique. Les deux conditions impliquent des crampes abdominales, des nausées et des épisodes répétés de vomissements sévères. La principale différence entre les deux réside dans le fait que le SHC affecte les patients ayant des antécédents de consommation quotidienne de cannabis sur le long terme. »

Il peut s’écouler plusieurs années de consommation régulière de cannabis avant de constater l’apparition des symptômes. Déterminer que le SHC est la cause peut également prendre du temps. Une étude américaine démontre que les patients souffrant de SHC se sont rendus en moyenne 17.9 fois aux urgences avant que le trouble leur soit diagnostiqué. La seule façon de diagnostiquer définitivement le SHC consiste à établir si les symptômes disparaissent en cas d’abstinence de cannabis.

Bien que les premiers cas connus de SHC aient été signalés en Australie-Méridionale en 1996, les chercheurs tentent toujours de comprendre ce trouble, dont la manifestation soudaine, souvent après des années de consommation quotidienne de cannabis, laisse perplexe.

Symptômes du SHC

On connait trois stades au syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, et chacun de ces stades présente des symptômes différents : la phase prodromique, la phase hyperémétique et la phase de rétablissement.

Lors de la phase prodromique, qui peut durer plusieurs mois, les symptômes du SHC comprennent :

  • des nausées matinales
  • des douleurs abdominales
  • la crainte de vomir

Les symptômes du SHC lors de la phase hyperémétique, qui peut durer entre 24 et 48 heures, comprennent :

  • des épisodes récurrents de vomissements
  • des nausées et hauts le cœur
  • des douleurs d’estomac
  • l’impossibilité de boire ou manger sans vomir
  • une perte de poids et une déshydratation dues aux vomissements continus

La phase de rétablissement du SHC implique l’arrêt de la consommation de cannabis. Les symptômes s’atténuent habituellement en quelques jours ou plusieurs mois avant de disparaître complètement.

Comment soulager les symptômes du SHC ?

Il a été démontré que les douches et bains chauds réduisent temporairement les symptômes de vomissements récurrents chez les personnes souffrant du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde. De plus, selon le Journal de l’Association Médicale Canadienne, les crèmes topiques à la capsaïcine, ainsi que certains médicaments sur ordonnance peuvent atténuer les symptômes. Consultez un professionnel de santé pour obtenir un diagnostic formel ainsi qu’un traitement.

Quelles sont les causes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC) ?

Les causes connues du SHC sont une consommation importante et quotidienne du cannabis sur une longue période (un an ou plus), ou la consommation régulière de produits à forte teneur en THC.

Des scientifiques, tels que Dr. Ethan Russo, un neurologue et chercheur médical qui a passé près de trois décennies à étudier le cannabis, suspectent que le SHC pourrait être lié à une incapacité de certaines personnes à métaboliser le THC. Les recherches suggèrent qu’à partir du moment où le SHC se développe, la moindre quantité de THC, y compris les toutes petites doses contenues dans les produits à dominance CBD, peuvent provoquer une crise. Tous les types de produits à base de cannabis, comestibles, capsules et joints compris, sont donc susceptibles de provoquer une crise.

Qui peut être touché par le SHC ?

L’article 2022 du Journal de l’Association Médicale Canadienne estime qu’un consommateur fréquent de cannabis entre 16 et 44 ans sur 200 sera touché par le SHC.

Dr. Russo a remarqué que les patients atteints du SHC ont tendance à consommer du cannabis excessivement et qu’il s’agit souvent de produits à forte teneur en THC. Les participants d’une de ses études consommaient en moyenne quatre grammes de fleurs, ce qui correspond à deux à trois fleurs, par jour.

Après des années de consommation intensive, les personnes souffrant du SHC commencent soudainement à se sentir mal. Dr. Russo souligne avec prudence que le SHC est sensiblement différent des vomissements causés par une surconsommation de cannabis ou une réaction négative à la consommation de trop de THC. « On ne parle de SHC que s’il y a nausées récurrentes, vomissements, douleurs abdominales, ainsi que ce comportement inhabituel consistant à passer des heures sous la douche ou dans un bain bien chaud pour réduire les symptômes, » explique-t-il.

Pourquoi le SHC ne touche-t-il que quelques consommateurs de cannabis ?

Dans un article publié en 2022 dans la revue à comité de lecture Cannabis and Cannabinoid Research, Dr. Russo et ses coauteurs soutiennent que des mutations au niveau de cinq gènes et récepteurs liés au métabolisme humain semblent avoir un lien avec la maladie.

« La grande majorité des patients atteints du SHC présentaient au moins deux de ces mutations génétiques, et certaines présentaient les cinq » explique Dr. Russo. Il ajoute qu’un test par prélèvement buccal, similaire aux tests ADN à faire soi-même chez soi, pourrait, un jour, permettre de détecter ces mutations.

Comment savoir s’il s’agit du SHC et obtenir un diagnostic ?

Pour la plupart des patients atteints de SHC, la première étape vers un diagnostic se déroule dans le cabinet du médecin ou aux urgences. Dès leur arrivée, les patients nécessitent de quoi soulager immédiatement leurs symptômes qui incluent une déshydratation, des douleurs abdominales intenses, des nausées et des vomissements. Ces symptômes sont ambigus et peuvent être le signe d’un nombre incalculable de maladies.

Dr. Russo explique que diagnostiquer le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde peut être délicat : le SHC peut être confondu avec une autre condition comme le syndrome des vomissements cycliques. Il peut aussi être diagnostiqué trop rapidement chez les personnes qui ont en réalité d’autres problèmes de santé.

« C’est pour cette raison qu’il est important de parler aux patients et d’analyser la situation de manière très approfondie, et de réaliser, si nécessaire, un test de dépistage génomique », explique-t-il.

Que dois-je faire si je pense avoir des symptômes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC) ?

Si vous consommez souvent du cannabis et ressentez des douleurs d’estomac, vomissez ou avez la nausée, interrompez votre consommation pendant quelques jours pour voir si les symptômes s’atténuent. Il s’agit là du moyen le plus simple pour savoir si vous êtes potentiellement atteint du SHC.

La quantité de THC susceptible de provoquer une crise n’est pas encore connue. Pour cette raison, le THC, même à très faible dose, doit être éviter. De plus, les recherches n’ont à ce jour pas permis de déterminer si le SHC peut également toucher les personnes ne consommant que du cannabis sans THC (comme les produits à base de CBD). Il est donc préférable d’éviter complètement le cannabis.

Concernant la durée pendant laquelle il est conseillé de s’abstenir de consommer du cannabis, Dr. Russo indique que les symptômes du SHC peuvent persister quelques semaines suivant le début de la période d’abstinence. Pour certaines personnes, il peut s’écouler plus d’un mois avant de pouvoir constater une quelconque amélioration. Pour d’autres personnes atteintes du SHC, on constate des épisodes de crises à intervalle régulier de quelques mois. Dans ce cas-là, il faut souvent plus de temps pour ressentir un soulagement des symptômes.

Si vos symptômes finissent par disparaître et ne reviennent que lorsque vous consommez du THC, il se pourrait bien qu’il s’agisse du SHC. Informez votre professionnel de santé de toute consommation de cannabis afin de faciliter votre diagnostic.


Effectuer une pause T peut être bénéfique pour comprendre les réactions de votre corps face au cannabis, et évaluer ce qu’il se passe lorsque vous vous abstenez d’en consommer.


Traitement du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde (SHC)

Santé Canada indique que de nombreuses personnes souffrant du SHC semblent pouvoir soulager leurs symptômes temporairement grâce aux douches et bains chauds. De plus, le Journal de l’Association Médicale Canadienne indique que certaines prescriptions médicales peuvent soulager les symptômes.

L’effet des médicaments et bains sur le soulagement des symptômes est toutefois limité et temporaire. La seule façon de résoudre les épisodes de SHC semble être d’éviter complètement le cannabis. Les données cliniques et recherches effectuées sur le SHC montrent de nombreux cas où les symptômes ont disparu après l’arrêt complet du cannabis, pour réapparaître presque immédiatement après la consommation de THC, et ce, même après des années d’abstinence.


Choisir de ne pas consommer de cannabis est le seul traitement connu contre le SHC.


Si vous présentez des symptômes sévères, il est recommandé de vous rendre à l’hôpital, où vous pourriez recevoir :

  • des liquides intraveineux et des électrolytes pour traiter la déshydratation
  • des traitements visant à soulager les symptômes

Apprenez-en plus sur le SHC

Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde n’a été identifié que récemment. Les professionnels de santé peuvent donc ne pas bien connaître ce trouble. Si vous consommez du cannabis régulièrement, il est important que vous puissiez reconnaître les symptômes du syndrome d’hyperémèse cannabinoïde, particulièrement les nausées sévères et les vomissements à répétition. Suivez bien vos symptômes : si vous abstenir de consommer du THC améliore votre état, songez à modifier votre consommation de cannabis.

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