Voyez combien nous avons grandi

Voyez combien nous avons grandi : La diversité de l’industrie canadienne du cannabis

Il est grand temps que le secteur canadien du cannabis reflète la diversité de notre pays. Nous avons découvert comment certains producteurs autorisés cherchent à éliminer les inégalités.

Voyons les choses en face : l’industrie légale du cannabis au Canada pourrait certainement être plus diversifiée. Heureusement, le milieu d’affaires du cannabis se transforme petit à petit pour rendre la riche diversité du pays. Nous avons discuté avec quatre producteurs de cannabis dirigés par des Noirs, des Autochtones et des femmes – SESS, Msiku, Fleurish et Eve & Co. – de leurs débuts, des défis qu’ils ont dû relever et de ce qu’ils prévoient pour l’avenir.

 

Semer une mission

Chaque producteur autorisé a ses propres raisons de s’associer à l’industrie du cannabis. Certains souhaitent contribuer à l’évolution depuis l’ancien marché, tandis que certains veulent saisir la possibilité de faire les choses un peu différemment.

Michael Montpetit, owner of SESS

Michael Montpetit, propriétaire de SESS

« Avant la légalisation, le marché [traditionnel] préparait le terrain pour le cannabis légal, affirme Michael Montpetit, propriétaire de SESS. C’était une occasion idéale pour nous de produire ce que nous considérions du bon cannabis et de l’offrir au public afin de nous lancer dans l’industrie. »

Pour Melinda Rombouts, fondatrice d’Eve & Co., le fait de devenir productrice était une façon de provoquer une transformation au sein de l’industrie. « À l’époque où [nous avons demandé notre permis], environ 94 % des dirigeants des producteurs autorisés étaient des hommes, explique-t-elle. Ainsi, dans ce contexte d’affaires à prédominance masculine, nous nous sommes donné comme objectif de répondre aux attentes des femmes à l’égard des produits de cannabis. »

En composant avec de graves problèmes de santé dans sa propre famille, la fondatrice de Fleurish Renée Ellison dit avoir réalisé qu’elle voulait avoir un plus grand impact sur le monde. Son expérience de travail chez The Body Shop – entreprise fondée par une femme entrepreneure – ainsi qu’à l’Agence de la santé publique du Canada et à Santé Canada a piqué son intérêt pour la lutte contre les inégalités et les écarts entre les sexes.

Renée Ellison, founder of Fleurish

Renée Ellison, fondatrice de Fleurish

« Je pense qu’il est important que le cannabis soit une option possible et qu’il soit accessible aux gens qui en veulent, exprime Mme Ellison. Comme je travaillais sur le Règlement sur la marihuana à des fins médicales, j’étais vraiment au bon endroit au bon moment. Cette occasion unique m’a permis de devenir la première femme à constituer une société de production autorisée au Canada. »

Pour les propriétaires micmacs en Nouvelle-Écosse de Msiku, une marque d’AtlantiCann fondée par la présidente Christine Halef, la possibilité de s’engager dans l’économie bourgeonnante du cannabis est vraiment transformatrice.

« Il était très important pour les Micmacs de participer à cette nouvelle industrie afin de créer des débouchés économiques pour nos communautés, déclare un représentant du groupe de propriétaires micmacs. Pendant trop longtemps, les Premières Nations du Canada ont été laissées à l’écart de l’économie générale, et nous n’allions pas rester les bras croisés alors qu’une autre [occasion] nous échappait. »

 

Combattre les préjugés

Pour n’importe quel fondateur, le parcours qui mène de l’idée initiale de se lancer en affaires à l’obtention d’un permis jusqu’au premier cycle de production est rempli de choix, de défis et de beaucoup de paperasse. En cours de route, les producteurs disent avoir rencontré des obstacles au financement, à l’établissement de partenariats et à la prospérité selon leurs propres conditions.

Mme Rombouts affirme que l’industrie canadienne du cannabis est sans doute perçue comme étant un « club de gars » – une entrave qui peut être ardue à surmonter. « Je pense qu’il est très difficile pour les entreprises dirigées par des femmes d’obtenir le même soutien financier », dit-elle, en ajoutant qu’elle était souvent la seule femme présente aux rencontres avec des investisseurs.

Les Premières Nations micmaques de la Nouvelle-Écosse étaient également déterminées à vaincre les obstacles et désavantages financiers qui, selon elles, sont ancrés dans leur histoire. « Il est bien établi qu’il y a un manque de fonds pour permettre aux Premières Nations du Canada de participer aux occasions qu’offre l’économie dominante, explique le représentant du groupe de propriétaires micmacs. Notre désir de nous joindre à l’industrie nous a permis d’obtenir le financement nécessaire. »

M. Montpetit révèle qu’il a également eu de la difficulté à obtenir des fonds en mettant sur pied son entreprise. Il considère l’inégalité à laquelle sont confrontées les personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC) comme étant un problème majeur

« L’un des résultats escomptés de la légalisation du cannabis a été d’intégrer les PANDC dans l’industrie et de leur permettre de démarrer des entreprises et d’aider à bâtir le marché légal, mentionne-t-il, en précisant que les disparités raciales quant aux condamnations liées au cannabis avant la légalisation n’ont pas mené à des règles du jeu équitables après la légalisation. Il ne faut pas s’attendre à ce que ce soit facile dans ce marché. »

 

Rendre hommage à ses racines

En s’établissant dans le monde du cannabis au Canada, les propriétaires à qui nous avons parlé ont trouvé des façons de célébrer leurs traditions et leur identité dans leur travail.

Jennifer MacGillivary & Chief Jerry Toney

Jennifer MacGillivary et le chef Jerry Toney des Premières Nations Mi'kmaq

Chez Msiku, le patrimoine des Micmacs est souligné par l’inclusion de symboles micmacs dans les logos et même par le nom de la marque : « msiku » signifie « herbe » en langue micmaque. « Ce nom fait un clin d’œil au sens de l’humour de notre peuple, exprime le représentant des propriétaires micmacs. Nous sommes très fiers de notre identité. Nous veillons à ce que chacun de nos employés sache qu’il travaille pour une organisation micmaque. »

Selon M. Montpetit, la marque 1Spliff de SESS est un hommage aux racines de sa famille. « Nous sommes originaires des Caraïbes et avons migré au Canada en 1984. Nous avons donc décidé d’utiliser des couleurs qui rappellent une ambiance antillaise. »

Fleurish conçoit des produits en tenant compte des femmes et appuie les recherches sur le cannabis qui examinent les effets de la plante sur les femmes. Par ailleurs, Eve & Co. affiche un personnel composé principalement de femmes. « Chose curieuse, bien que 70 % des employés de la plupart des titulaires de permis sont des hommes, c’est presque exactement le contraire pour nous – 70 % de nos employés sont des femmes. Nous en sommes très fiers et nous l’attribuons au leadership féminin », affirme Mme Rombouts.

Melinda Rombouts, founder of Eve & Co.

Melinda Rombouts, fondatrice d’Eve & Co.

Peut-être que la meilleure façon pour ces producteurs d’honorer leur identité est de devenir des leaders de l’industrie et de poser les jalons pour l’avenir – ce qui, à terme, aide à faire progresser la culture du cannabis au Canada et à attirer l’attention sur les inégalités du passé et du présent.

« La prévalence des points de vue coloniaux racistes sur notre peuple est encore un sujet d’actualité. Les gens imposent souvent des limites aux membres des Premières Nations, et nous espérons qu’en nous investissant dans cette industrie et en devenant un chef de file de qualité, nous pourrons contribuer à déconstruire certains de ces stéréotypes », déclarent les propriétaires micmacs de Msiku. Selon eux, « un nombre disproportionné de PANDC qui ont été incarcérées pour des infractions mineures liées au cannabis ainsi que les importantes barrières à l’entrée rendent le marché difficile d’accès pour de nombreuses petites entreprises et entreprises dirigées par des PANDC. Il est important pour nous de faire avancer les choses pour corriger ces inégalités. »

 

Fertiliser la croissance

L’industrie canadienne du cannabis est en constante évolution, et les producteurs travaillent sans relâche pour affronter les défis qui se présentent, repousser les limites et faciliter l’accès au marché.

« J’espère que d’ici sept ans, nous pourrons éliminer la vente illégale », exprime M. Montpetit. Selon lui, certaines mesures de Santé Canada, comme l’octroi de permis de microculture qui permettraient aux petites entreprises en démarrage d’être concurrentielles, représentent un pas dans la bonne direction. « Plus il y aura de propriétaires-exploitants de cannabis sur le marché légal, [plus] les consommateurs pourront acheter de meilleurs produits à meilleur prix, ce qui finira par faire disparaître le marché illégal », dit-il.

En s’adressant à des femmes qui font leurs débuts dans le secteur du cannabis au Canada, Mme Ellison offre le conseil suivant : « Ne renoncez jamais à vos objectifs, car vous pourriez vous surprendre vous-même. » Mme Rombouts est d’accord. « L’industrie est toujours à la recherche de personnes passionnées et déterminées qui ont un point de vue unique, ce qui est exactement ce que les femmes possèdent et ce dont le secteur a besoin », explique-t-elle.

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